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Article 1 : Le choc « Covid » et l’envie d’encore plus d’éthique

Comme vous le savez peut-être déjà, j’ai créé We All Share Roots il y a près de 5 ans dans le but d’apporter revenus et compétences à des couturières situées dans certaines des zones les plus défavorisées du Cap, et ce grâce à la fabrication et à la vente de sacs à main.

L’entreprise n’est clairement pas une machine à cash mais après 5 ans d’existence, je suis plutôt fière des 5000 unités produites, des dizaines de fournisseurs locaux payés rubis sur l’ongle, du groupe croissant de couturières défavorisées travaillant et étant payées de manière juste, des centaines de clients satisfaits, des milliers de followers connectés, etc.

Puis, un jour, notre ami Covid a débarqué et presque tout est tombé en miettes. Les ventes ont chuté, les boutiques ont fermé et les opportunités en cours de négociation ont disparu. Heureusement grâce à quelques clients fidèles ou nouveaux, j’ai (plus ou moins…) réussi à maintenir le bateau à flot et à soutenir au maximum les couturières avec des dons et de nouvelles commandes.

Comme beaucoup de petits entrepreneurs, 2020 m’a fait douter, m’a donné envie de jeter l’éponge, m’a donné l’impression que plus rien n’avait plus de sens … (et m’a aussi fait drôlement envier ceux qui pouvaient consacrer tout leur temps et énergie lors du confinement au sauvetage de leur entreprise quand, moi, j’étais coincée entre «la maternelle à la maison», les changement de couches d’un nouveau-né, les batailles pour les siestes, etc tout en observant mon entreprise couler doucement!).

Mais, j’ai soudain réalisé que cette pause forcée pouvait aussi être l’occasion de repenser et de faire de mon entreprise ma société REVEE. Ne vous méprenez pas, j’aime ce que j’ai créé et je pourrais posséder chaque produit WeAllShareRoots parce que je fais sincèrement ce que j’aime. MAIS il y a toujours des ombres au tableau… Par exemple, je me suis toujours questionnée sur l’origine des cuirs que j’utilise : est-ce que l’animal a été tué pour sa viande ou pour sa peau, est-ce qu’il a souffert ; etc etc. Je me suis également toujours demandé comment les tissus que j’utilise étaient teints. Nous avons tous aperçu un jour de terribles images de travailleurs pauvres teignant des tissus dans des conditions horribles, entourés de produits chimiques sans la moindre protection.

Image de PETA – France

Étrangement, je me targue de ma conscience environnementale et sociale plutôt aiguisée mais j’ai fini, comme tant d’autres, par utiliser des matériaux dont je ne connaissais pas précisément l’origine, ainsi quà mettre en vente des produits qui ne peuvent se biodégrader ou être recyclés.

En tant qu’entrepreneur/se, vous êtes limité par ce qui est disponible autour de vous. Vous êtes limité par le coût de vos approvisionnements. Vous êtes limité par les connaissances que vous avez (par exemple je n’ai découvert que récemment que le « polycotton » est un mélange de coton et de plastique et qu’il ne peut être ni recyclé ni naturellement biodégradé… et pourtant j’en ai probablement utilisé des milliers de mètres pour mes doublures !!!).

Aussi, en tant que directeur/rice et fondateur/rice de petite entreprise, il y a cette longue liste de choses et projets que vous gardez quelque part au chaud dans votre tête et que vous souhaitez approfondir «un jour». Or ce jour n’arrive bien souvent jamais face à l’immensité des tâches à accomplir au quotidien pour produire, livrer, compter, expédier, acheter, imprimer, etc.

Eh bien, aujourd’hui, c’est LE jour pour moi. Voyons si une petite entreprise, installée à l’extrême pointe sud de l’Afrique, sans beaucoup d’argent à investir et avec moi seule aux commandes, peut faire le changement.

Essayons, expérimentons, expliquons, tâtonnant, discutons et voyons ce qui se passe… Essayons de voir quels sont réellement les obstacles et coûts de l’éco-conception * pour le commun des mortels.

Et pour cela, j’adorerais vous avoir à mes côtés. Non seulement parce que je pense que nous pouvons tous en apprendre davantage sur l’éco-conception grâce à cette exploration en toute transparence, mais aussi parce que je suis profondément convaincue que plusieurs cerveaux ensemble fonctionnent mieux qu’un seul. N’hésitez donc pas à m’envoyer vos commentaires et votre soutien ainsi qu’à challenger mes conclusions. Envoyez-moi votre énergie.

Merci pour la lecture! Rendez-vous dans le prochain chapitre!

PS : Par éco-conception, j’entends penser et fabriquer un produit en tenant compte de tous ses composants et impacts, en essayant d’opter pour les matériaux les plus respectueux et en évitant tous ceux qui pourraient avoir une incidence négative sur la planète et les gens (vous devriez mieux comprendre grâce aux prochains articles sur le sujet !)