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Article 3 : Est-il éthique pour une entreprise éthique de faire de la publicité sur les réseaux sociaux?

À présent, nous savons tous que, malgré notre dépendance et notre amour pour Instagram, Facebook et autres, les réseaux sociaux sont destinés à exploiter nos données personnelles à des fins commerciales (ou parfois pires, politiques!). Ce ne sont pas des produits gratuits comme le rappelait le documentaire Netflix car le vrai produit – objet de transactions entre entreprises – c’est nous, via nos données personnelles.

En tant qu’adultes informés, nous pouvons accepter leurs avantages et leurs inconvénients et essayer d’en tirer le meilleur parti tout en restant vigilants sur leur côté obscur. Mais qu’en est-il de nos enfants ou d’adultes plus vulnérables ? Dans le cas de nos bambins, leurs petits cerveaux malléables sont encore en développement tandis que leurs profils sont analysés, utilisés et influencés. Et je ne suis pas tout à fait à l’aise avec cette idée et ce n’est certainement pas la société que je souhaite participer à construire.

Donc une fois de plus, la question se pose : est-il éthique de se placer de l’autre côté du miroir ? Vous ne pouvez pas blâmer un système ET en tirer profit en même temps. Vous ne pouvez pas reprocher à Google, Facebook et tous les grands d’utiliser nos données personnelles et gagner des millions grâce à l’exploitation du contenu, images, opinions etc. que nous partageons, la plupart du temps la gardée baissée, tout en faisant de la publicité par ailleurs.

Toute annonce payante sur les réseaux sociaux exige que vous choisissiez le type de personnes que vous souhaitez cibler (c’est-à-dire à qui vous voulez vous adresser) et ce par la sélection de critères aussi larges que «tranches d’âge», «femme / homme / etc.», et de critères plus spécifiques tels que les centres d’intérêt – ce qui n’est pas une information que vous avez dûment renseignée, mais plutôt quelque chose que les réseaux sociaux ont déduit en analysant votre contenu, vos goûts, vos lectures, etc.

Ainsi, une entreprise peut être aussi petite, éthique et bienveillante que possible, si elle fait de la pub, elle commence alors à utiliser les données personnelles, à des fins commerciales.

L’autre problème est qu’aujourd’hui, il est quasiment impossible de survivre en tant qu’entreprise sans les réseaux sociaux. Avec un compte professionnel, vous pouvez publier quotidiennement du contenu mais très peu de gens le verront si vous ne payez pas afin d’être « poussé » par un l’algorithme, dont l’unique but est de maximiser le profit de Facebook.

C’est pourquoi je ne blâme sincèrement personne optant pour la publicité en ligne. Il n’y a pas vraiment le choix aujourd’hui malheureusement. Beaucoup d’entreprises que je respecte et admire, et même des ONG, tentent leur chance avec des publications payantes et des posts/stories sponsorisés dans l’espoir de vendre ou de collecter suffisamment de fonds pour pouvoir survivre et se développer.

Dans mon cas, après avoir beaucoup réfléchi à cette question compliquée (et je ne mentirai pas, après aussi quelques tentatives peu fructueuses), je ne suis finalement pas prête à faire taire mes convictions les plus profondes.

Je refuse donc de faire partie de ce jeu. Je resterai sur nos pages actuelles (et j’adore rester en contact avec vous tous) mais je ne paierai pas. Je n’utiliserai pas vos données personnelles. Je pourrai vous envoyer une newsletter de temps en temps (si j’ai votre adresse e-mail), mais je n’irai pas plus loin.

Je regrette même d’avoir essayé. Et je me fais désormais la promesse de ne pas me servir de quelque chose que je blâme ou que critique par ailleurs. Ce sont les mêmes convictions qui m’ont fait revoir mes produits et, par exemple, cesser d’utiliser du cuir (et je ne suis pas végane… mais ce sera un autre sujet pour un article de blog!).

Alors oui, algorithme 1 – Elise 0. Vous ne verrez peut-être jamais aucun de mes « posts » parce que je ne paie pas, mais OK, je l’accepte, mon entreprise restera petite mais fière, la tête haute et fidèle à nos convictions.

Amicalement,

Elise